L’ultra draille : Un défi de fou

Mais pourquoi cette idée m’est-elle venue un jour ? Et si je faisais l’Ultra Draille ?

Après avoir franchi la ligne d’arrivée du Grand Trail des Templiers, l’envie de passer sur la distance mythique des 100 km me trottait dans la tête. Le terrain de jeu de l’Ultra Draille m’étant familier, le défi est vite devenu une évidence. J’ai alors proposé cette idée saugrenue à mon coéquipier des templiers Philippe qui l’accepte aussitôt. Ça y est le défi est lancé, le programme d’entraînement concocté. Ouille ça va piquer ! 4 voire 5 entraînements par semaine sur 4 mois : course à pied, renfo, vélo, natation, tout y passe !!

4 semaines à peine après le début de notre entraînement Philippe se blesse à la Sauta Roc. Verdict arrachement osseux au niveau de la cheville : Repos 

Me voilà donc toute seule devant cette montagne d’entraînement ! Seule pas tout à fait, Nicolas est la qui m’encourage, me soutient, mais c’est lourd très lourd. Des heures et des heures d’entraînement, des sorties longues souvent toute seule, quelquefois perdue au Roc Blanc ou au Monhaut !! Par bonheur certaines fois les amis viennent courir avec moi et ça c’est vraiment chouette ! Ne pas se sentir seule au milieu de nulle part même si le partage de connexion fonctionne bien avec Nicolas et mes multiples appels au secours Nicolas je suis perdue ! C’est la première fois que je me confronte à ces parcours en solitaire.

Mais cela vous forge le mental. Je vais y arriver je vais pas lâcher ! Les multiples chutes et les coups de fil aux amis sont nombreux Caty, Caroline, Vero j’y arriverais jamais !! Heureusement ils sont là

Pendant ce temps Philippe récupère, rééducation à fond et retour aux petites foulées tout d’abord, et puis un jour il arrive en me disant Flo c’est bon je prends le départ !! Chouette alors 👏👏 Et puis les semaines passent et il faut lever le pied se reposer pour faire du jus et être frais le jour J

Se reposer ? Mais cela veut dire quoi ? Je ne sais pas je sais plus

Puis le jour J arrive. Départ de Brissac dans le froid et le vent. Kilomètre après kilomètre, ravitaillement après ravitaillement, nous avançons, Philippe devant qui m’attend aux ravitaillements. Roc Blanc, Saint-Jean-de-Buèges, Peyre Martine, Mas Aubert, Saint-Guilhem-le-Désert, le Monhaut… Les jambes souffrent, le ventre se rebelle parfois, les genoux aussi, mais le mental tient bon.

Dans les moments difficiles, je pense à ma petite-fille Ambre qui m’appelle la veille de la course : « Mamoune, tu es une championne, j’attends ta médaille ! » Alors on avance encore et encore, Nicolas toujours présent aux ravitaillements.

Il faut passer le Monhaut avant la nuit. Il se dresse devant nous, rude et technique. Jamais un rocher à plat ! On dirait que l’on a déversé des pierres dans tous les sens, pas moyen de mettre les pieds à plat, les chevilles souffrent, il fait froid, la nuit arrive. Heureusement, les encouragements des proches, les amis croisés sur le parcours (un grand merci à Caroline et JP d’être venu dans l’infernet nous soutenir) les bénévoles et les compagnons de route nous portent jusqu’au bout. On ne se lâche plus, chacun prenant le relais à tour de rôle. Une petite voix me dit « quand tu es à Causse de la Selle c’est bon tu es arrivé » il reste quand même 26 km !

Enfin après 105 km d’efforts, et plus de 23h de course les lumières du stade apparaissent. L’arrivée. L’émotion. Le bonheur immense d’avoir réussi.

Un immense merci à Nicolas, présent à chaque étape de cette aventure, pendant toute la préparation comme sur la course. Malgré sa blessure, il a été mon soutien indéfectible dans les moments de doute comme dans les moments de joie. Sans lui, cette aventure n’aurait certainement pas eu la même saveur.

100 km : ✔️

Et maintenant… quel sera le prochain défi ? 🧐

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